CINQUIÈME EPISODE

Auteurs qui auraient mérité mieux, de 1900 à 1913

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James Hadley CHASE (1906-1985), britannique, à dix-huit ans, il travaille dans une librairie et constatant l'engouement des clients pour les récits de gangsters, généralement américains, il écrit "Pas d'orchidée pour Miss Blandish" avec l'aide d'un dictionnaire d'argot américain, quelques références livresques sur la pègre, un thème de Faulkner et une intrigue de son cru !....Il obtient un énorme succès immédiat. Il dépeint déjà quelques personnages violents, désaxés et sadiques qui composent sa galerie durant quatre-vingt-dix romans et un recueil de nouvelles. Il possède un qualité narrative et la faculté de renouveler ses intrigues, avec de nombreux rebondissements inattendus conduits par une imagination sans limite frisant, avec régal, l'a-moralité...Plus d'une quarantaine d'adaptations cinématographiques dont la plupart sont loin d'égaler la valeur des romans.

Pas d'orchidée pour Miss Blandish, 1939 ; Ça ira mieux demain, 1983 ; La blonde pékin, 1966 ; Présumé dangereux, 1967.

William IRISH (1903-1968), pseud. de Cornell Wollrich, américain. Après le divorce de ses parents, il est élevé par son grand-père, sa mère et sa tante. Il supportera mal son mariage et revient, après quelques semaines, vivre chez sa mère, jusqu'à la mort de celle-ci...Il publiera plus de trois cent cinquante nouvelles et romans teintée d'humour noir et de violence intérieure latente. La psychologie des personnages, souvent des loosers évoluant dans un environnement défavorable, est finement ciselée...Ce qui n'échappa à un certain François Truffaut qui adapta "La mariée était en noir" en 1968. On peut préférer cependant ses nouvelles pour leurs dynamiques mieux maîtrisées. Elles sont rassemblées dans les deux recueils proposées.

Irish Blues, (?) ; Irish cocktail, (?) ; La mariée était en noir, 1940.

Pierre VERY (1900-1930), français né à Bellon dans les Charentes, des origines rurales qui influencent les décors de ses romans, avec une pincée, parfois, de merveilleux issu des légendes locales. Ses romans les plus célèbres, "L'assassinat du Père Noël", 1934, "Les disparus de Saint-Agil", 1935, "Goupi-Mains-Rouges", 1937, ont été adaptés à l'écran. Son héros, Prosper Lepicq, n'hésite pas à s'égarer dans les sentiers de la poésie pour résoudre les énigmes. Un auteur à savourer délicatement...

L'assassinat du Père Noël, 1934 ; Meurtre aux Quais des Orfèvres, 1934 ; Le réglo, 1935 (polar jeunesse) ; Les disparus de Saint-Agil, 1935 (le livre) ; Les disparus de Saint-Agil, 1938 (le film) ; Le gentleman des antipodes, 1936 ; L'assassin a peur la nuit, 1942 ; L'inconnu du terrain vague, 1943 ; Signé Alouette, 1960 (polar jeunesse).

Frank GRUBER (1904-1969), américain, loge dans la ferme familiale jusqu'au service militaire puis des emplois divers...Dès 1927, il participe à différents journaux locaux puis, en 1932, le chômage. Il écrit alors toutes sortes de textes...qu'il a du mal à vendre et qui le mène à la galère sérieuse. En 1939, il publie son premier western rapidement acheté par Hollywood qui l'engage comme scénariste. En 1940, il écrit son premier policier dont les personnages principaux, Johnny Fletcher et Sam Cragg, sont représentatifs de l'époque de la dépression. Toujours fauchés, ces deux loustics forment un insolite tandem de détectives amateurs et bonimenteurs. Présent durant quatorze romans, cette drolatique saga est la meilleure production de l'auteur.

Sam Cragg hérite, 1941.

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Giorgio SCERBANENCO (1911-1969), italien, fils d'un père ukrainien, professeur de grec et de latin fusillé durant la révolution bolchévique, et d'une roumaine qui quitte son pays, alors qu'il n'a que six mois pour s'installer en Italie. Orphelin à seize ans, il vit de petits boulots et, parallèlement, écrit et publie de nombreux romans, nouvelles et contes sentimentaux. Dans les années 50, il participe activement à la rubrique "courrier du coeur" dans deux revues concurrentes. Il se consacre également au roman policier. Ceux écrits sous le régime fasciste, comportent la particularité, pour obéir aux lois en vigueur, de ne jamais voir un italien assassin... Cependant, la qualité, ethnologique et introspective d'une partie de la société italienne, de son oeuvre est telle, qu'il est considéré comme le père du roman noir italien.

Six jours de préavis, 1940 ; À tous les rateliers, 1967 ; Profession salopard, 1970 ; Du sang sur le parvis, 1971.

Cette présentation a été possible grâce à l'aide, incontournable et enrichissante, du Dictionnaire des littératures policières de Claude Mesplède, dont nous ne pouvons que vous encourager à vous nourrir et vous abreuver...sans modération aucune ! Elle complétera amplement cette approche succincte.